Installée au Bénin depuis 1974, la Fondation Terre des hommes (Tdh) n’a cessé de se tenir auprès des enfants que la vie a placés au bord du danger. Dans la santé de la mère et de l’enfant, dans la chirurgie pédiatrique, dans la défense de leurs droits, elle a cherché ce qui peut encore être sauvé, protégé, rendu à l’avenir.

Car il existe des enfances que l’on voudrait ne pas avoir à connaître. Des enfants exploités dans les carrières, perdus dans les marchés, exposés dans les rues, livrés à la traite ou à la violence. Face à ces réalités, Tdh a mené des projets au Bénin et au Nigéria. Non pour effacer la souffrance d’un mot, mais pour y répondre par des actes.

De 2013 à 2017, le Programme Intégré de Protection de l’Enfant (PROGIPE) a été déployé à Cotonou, Bohicon et Zakpota, au Bénin, ainsi qu’à Abeokuta, au Nigéria. Il est allé là où l’enfance se trouve souvent oubliée : dans les carrières de gravier, sur les marchés, dans les rues, au cœur des communautés.

Son ambition était claire. Réunir tous ceux qui ont pouvoir sur la vie d’un enfant — familles, communautés, institutions, acteurs de la protection — et construire autour de lui un environnement qui ne le trahisse pas. Un environnement où il puisse grandir sans craindre d’être vendu, battu, exploité ou abandonné.

Le PROGIPE ne fut pas une action isolée. Il rassemblait plusieurs expertises de Tdh, héritées d’anciens projets aux origines à la fois communes et différentes. Comme si, face à une même injustice, chaque expérience avait préparé la suivante — et que la protection de l’enfant exigeât, plus que la bonne volonté, une mémoire et une persévérance.